technique de qwankido

LE PAPAYER

Posté le : 01/10/2011

A la mort de leurs parents, deux frères devaient se partager l’héritage. L’aîné, cupide et rusé, réussit à s’emparer, petit à petit, de tous les biens, ne laissant à son frère qu’une paillote et un papayer rabougri. Le jeune frère et sa femme ne se plaignirent jamais de cette situation. Ils se contentèrent de cette maigre part.

Ils prenaient soin de leur papayer, l’arrosaient avec assiduité. Bientôt, l’arbre reprit de la vigueur et donna une grande quantité de fruits.

Quand les papayes commencèrent à mûrir, un corbeau géant vint chaque jour en manger. Il était impossible pour le couple de l’en empêcher. La femme, désolée, se lamenta :

— Quel malheur ! Pauvres que nous sommes, nous comptions beaucoup sur ce que nous rapporterait le papayer, et voilà que cet oiseau ravage tout. Nous finirons probablement par connaître la faim.

Stupéfaction ! Le corbeau se pencha soudain et répliqua d’une voix grave :

— Des papayes j’en mange, de l’or je rends. Munissez-vous d’un sac pouvant contenir trois livres d’or. Demain, je vous emmènerai en chercher.

La femme se précipita dans la chaumière et raconta l’histoire à son mari. Ils confectionnèrent donc un sac de la taille indiquée par le corbeau.

Le lendemain l’oiseau revint et préleva comme d’habitude sa ration de papaye, puis descendit de l’arbre et invita l’homme à prendre place sur son dos avec le sac. Ensuite, le corbeau s’élança dans les airs et vola très longtemps avant d’atterrir sur une île déserte couverte de pierres précieuses. Une fois le sac rempli, l’animal ramena l’homme chez lui.

Depuis ce jour, le couple vivait dans la richesse et l’abondance tout en apportant leur aide aux pauvres.

L’aîné, intrigué, chercha à connaître l’origine de la richesse soudaine de son jeune frère. Celui-ci, honnête et franc, lui raconta toute l’histoire. L’aîné proposa alors d’échanger sa fortune contre la paillote et le papayer. Son frère accepta.

Un jour, le corbeau revint manger les papayes et fit la même proposition à l’aîné. Mais au lieu d’apporter avec lui un sac de la taille indiquée par le corbeau, il prit avec lui deux gros sacs. Sur le chemin de retour, le poids démesuré de ces sacs fit tanguer l’oiseau : l’aîné tomba dans la mer et s’y noya.